Dark Light

Avec Dis-cover, CARTEL MEDIA s’intéresse aux covers du rap français et en démêle les sens cachés. Mercredi 6 octobre dernier, Louisa Sonn nous a livré son dernier single “Sexfriend”. Dans son nouveau titre, l’artiste nous parle ce cette relation évasive où les sentiments s’entremêlent. Nous allons, ensemble, décrypter cette cover signée Morgane Reinert (@/bleachedflesh sur Instagram).

Le surréalisme de Magritte

Les Amants I, René Magritte, 1928

Premier tableau d’une série de 4 peintures, Magritte peint l’une de ses fameuses toiles, Les Amants I, en 1928. Dans cette oeuvre, un couple s’embrasse mais leurs visages sont recouverts d’un voile blanc. Plusieurs interprétations peuvent transparaître de ce voile. Entre la traduction d’un amour aveugle, la figuration d’un désir imprudent et un hymne aux amours discrets, Magritte nous laisse cette part de mystère, où chacun est libre de s’y retrouver.

Les métaphores du désirs et des amours discrets qu’évoquent ce voile laisse planer un mystère où les amants ne comprennent pas leur attirance. Ne savent où celle-ci commence et jusqu’où elle s’arrête.

Du surréalisme à Louisa Sonn

André Breton, théoricien du surréalisme, définit en 1924 le surréalisme par un “automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.” Grâce au surréalisme, Magritte parvient à représenter dans son oeuvre l’indicible via la présence de ce voile gorgé de métaphores.

Louisa Sonn essaie dans son titre de comprendre son sentiment, le désir. Tentant de le partager à sa partenaire, il s’appuie sur le surréalisme et reprend le procédé de Magritte dans la création de sa cover afin de dire l’indicible.

Si tu veux du rêve, j’en ai

On veut pas d’attache, je sais

Sexfriend, Louisa Sonn

Ce sentiment du désir peut être appuyé dans la cover par la présence du vert. Étant déjà très présent dans les visuels de l’artiste (notamment dans son EP “HYÈNES), le vert est une couleur inconstante, frivole. Dans l’art elle est utilisée pour représenter l’amour naissant mais aussi l’impatience des corps, sujets que dépeint Louisa Sonn dans son texte. Mais est-ce simplement un choix esthétique en lien avec son univers ou un moyen d’appuyer son discours ?

Quelle suite pour Louisa Sonn ?

Les Amants I, II, III, IV, Renée Magritte, 1928

Nous l’avons dit au début, Les Amants I dont est inspiré la cover fait parti d’une série de 3 autres tableaux. “Sexfriend” sera-t-il, lui aussi, le début d’une série de 3 autres titres ?

Au fil des 4 oeuvres de Magritte, le peintre découvre peu à peu les amants, les dévoilant, jusqu’à les amener en terrain douteux sans néanmoins qu’ils semblent s’en préoccuper. Aurons-nous nous aussi l’occasion d’en savoir plus sur la partenaire de Louisa Sonn et d’en apprendre sur leur histoire ? De comprendre nous aussi la nature de leur désir ?


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