Dark Light

Il y a quelques semaines, Sheldon nous livrait son nouvel album “Spectre”. L’occasion pour nous de revenir sur ce dernier afin de comprendre pourquoi et surtout comment Sheldon a su s’ouvrir, et finalement se libérer de ses chaines.

Sheldon n’est pas nouveau dans le rap, des projets il en a sorti, et ça depuis des années. On pense notamment au très bon “FPS” ou encore “RPG”, des projets à thèmes remplis de références des années 80 et 90.

Membre emblématique de la 75e session, il a su se poser les bonnes questions au bon moment, afin de placer les bons mots sur ce que représentait pour lui ce nouveau projet.

Spectre, l’ouverture

Spectre est le morceau éponyme mais aussi le morceau qui lance le projet. Dans le clip il apparait revanchard avec des phases marquantes et une esthétique simple qui ouvre ce nouveau projet. La première référence marquante n’est pas sur un film des années 90 n’y même sur un jeux vidéo, mais il nous parle du rappeur défunt de la 75e, Népal.

On vit dans un monde où rien s’paye, mon frérot m’a dit qu’on avait rien d’space

Sheldon, Spectre

Une référence au son “Rien de spécial” de Népal et pas un hasard car si on écoute bien, les deux titres partagent un univers commun, un mélange entre écriture et sincérité qui rend ses deux oeuvres très spéciales.

Visuellement, il est dans un décor terne, relativement gris sans trop de bonheur, il vagabonde à travers les différents plans.

Spectre nous ouvre les portes sur un Sheldon introspectif qui ne cesse de nous émouvoir loins des références en tout genre.

Le changement

Dans ce projet, le changement arrive sous 2 formes bien différentes. Que ce soit dans le titre éponyme ou dans différents morceaux le besoin de changer d’air est une priorité pour Sheldon.

Le refrain de “Fumée” en est l’exemple parfait. Il n’a qu’un rêve, mettre ses proches dans une fusée pour s’en aller loin d’ici.

Un besoin présent depuis son enfance qui ne cesse de s’accentuer.

J’vais m’en aller, j’fais que dire que j’vais m’en aller

Sheldon, James Cole

Depuis petit, j’veux m’en aller loin d’ici

Sheldon, Fumée

Malgré ce besoin éternel de fuir son quotidien, l’artiste est en contradiction avec lui-même et revient vite à la raison quand il repense à son équipe, sa famille, ses frères, sa 75.

Si j’avais pas d’attaches je partirais sans hésiter

Mais j’suis incapable de faire quoi que ce soit sans les miens

Sheldon, Feu rouge

La deuxième forme de changement est personnelle, enfouie au fond de lui. Ce projet a réussi à le libérer de ses chaines ce qui rend cet album très introspectif.

Avant Spectre, Sheldon se mettait souvent dans la peau de personnages fictifs, présents dans des films, animés et puisait même dans la mythologie japonaise. De Solid Snake (personnage de jeux vidéo) à Nagato (personnage d’animé) en passant par Izanami (déesse de la sagesse dans la mythologie japonaise) il changeait de personnages en fonction de ses influences.

Dans ce dernier projet, les références cinématographiques et autres sont toujours là, mais laissant peu à peu place à cette nouvelle introspection.

Différents morceaux le montrent comme “Docu” une analyse très mystérieuse dans laquelle il parle à un petit garçon qui pourrait être l’enfant qu’il n’a pas encore.

Écoute pas ceux qui te donnent des leçons

Effectivement tu peux jeter ce son

Sheldon, Docu

Le morceau “Mon amoureuse” reste dans la même lancée que les titres précédents, mais est bien moins mystérieux et même totalement visé envers celle qui partage sa vie.

Le nouveau monde

Se cacher derrière des personnages fictifs, créer un univers unique, ce sont les qualités de Sheldon. Seulement pour comprendre ses textes il faut connaître chacune des références cités. Un processus qu’il connaît par coeur mais qui le bridait énormément aux yeux du public, souvent catégorisé de rappeur niché dans sa bulle, compliqué parfois à suivre.

Offrir à son public un nouveau monde féérique sur chacune de ses oeuvres était un objectif que l’auditeur pouvait ressentir à chacune des apparitions de Sheldon, mais finalement, le nouveau monde n’est-il pas mieux quand il est réel ?

Il a invité en tout et pour tout 5 artistes sur Spectre. Quelques chose d’assez rare, lui qui restait souvent sur des morceaux seul ou accompagné principalement par des membres de la 75. Il a su tourner la page, écouter, découvrir et même se découvrir grâce à son ouverture d’esprit sur cet album.

Isha, Zinée, M le maudit, Damlif ou même Shien sont des artistes avec leur propre monde, leur univers respectifs. Ils ont su se prêter au jeu afin que Sheldon puisse être naturel et beaucoup plus personnel.

Spectre est un projet concret bien plus universel que les précédents, avec une ouverture sur le monde plus grande, accompagnée d’une introspection poussée qui plonge l’auditeur dans un univers qui mêle le fantastique au réel.

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